Un texte de :
Élisabeth Gentet-Ravasco et Fanny-Gaëlle Gentet
Mise en scène : Stephen Szekely
Avec : Meaghan Dendraël, Clara Symchowicz et Véronique Augereau
Scénographie : Juliette Chapuis
Création Lumière : Sébastien Vergnaud
Création vidéo : Fanny-Gaëlle Gentet
Création marionnettes : Einat Landais
Création sonore : Michael Pothlichet
Une production
La compagnie Picrokole
avec le soutien de L’Agapante & Cie
En savoir plus sur l'équipe artistique
Résumé : En mission à l’étranger, Joséphine s’effondre. On parle d’épuisement, de violence du terrain, de fatigue accumulée. Mais la vérité est ailleurs : un traumatisme enfoui dans l’histoire familiale remonte brutalement à la surface.
De retour en France, sa cousine Oxana et sa tante Céline l’aident à comprendre ce qui la hante. Ensemble, elles explorent les silences, les secrets et les blessures qui ont façonné leur histoire.
Note de l'auteur
Dysfonction(ELLES) explore la dynamique et les rouages intimes d’une famille et montre comment la vérité, fragmentée mais libératrice, est le seul chemin vers la résilience.
La pièce se déploie en récits successifs, jouant avec la fluidité du temps, alternant présent et flashbacks comme autant de pièces d’un puzzle de mémoire pour mieux restituer l’historique de la famille, petits et grands mensonges qui gangrènent les relations jusqu’au point de non-retour : la révélation, l’écho d’un drame enfoui depuis plus de trente ans.
Les trois femmes jouent avec leurs souvenirs, réminiscences parfois contradictoires, parfois douloureuses qui montrent combien la vérité est subjective.
Au-delà de l’intime, la pièce questionne la transmission des traumas et le poids de l’ordre social, mais célèbre aussi la complicité silencieuse et la capacité de la sororité à défier l’injustice
Note intention mise en scène
Le décor sera minimaliste : une salle neutre où seules les voix et les corps des trois femmes porteront l’histoire.
La mise en scène jouera sur l’alternance de dialogues vifs, de silences lourds et d’éclats de rire. Les accessoires, les lumières et ambiances sonores permettront aux actrices de basculer d’un rôle à l’autre. L’écriture alternant narration intérieure et dialogues incarnés permet aux trois comédiennes d’endosser parfois le rôle de témoins et parfois celui d'actrices des souvenirs.
La figure de la grand-mère, représentée par une marionnette à taille humaine, apparaît et disparaît au fil des scènes. Elle incarne l’omniprésence des lois patriarcales et sociales inscrites dans les corps et les esprits.
La mémoire s'impose par le jeu, la lumière et le son.
Extrait
Joséphine : « Est-ce que vous avez déjà fait ça : plonger la tête au fond de la baignoire et vous dire plus je tiens plus j’ai de chance que tout change. Et vous tenez. Et vous vous étouffez pour avoir encore plus de chance. Et puis vous ressortez la tête à bout de souffle, à bout d’air, vous émergez et rien n’a changé.»
Joséphine : […] Quand j’allais chez eux, y’avait un truc que j’adorais. On n’était pas obligé de dire bonjour avec le bisou du matin, ni bonsoir avec le bisou du soir. Vous savez ces bisous posés dans le vide sans que personne ne s’en préoccupe mais que si on ne les fait pas, c’est la fin du monde. Tante Céline, elle, elle disait les bisoux et les câlins c’est quand on en a envie, seulement quand on en a envie. On l’a rejoint dans l’entrée, elle rangeait son manteau, elle m’a regardé avec ce grand sourire qu’elle a, à chaque fois qu’on se voit, comme un cadeau. Elle nous a tendu les bras.
Oxana : Mais grand-mère s’impatientait et on a tous filé en cuisine.
Oxana : C’est pas lui !
Joséphine : Quoi, c’est pas lui !
Oxana : C’est pas mon père !
Joséphine : Comment ça, c’est pas ton père ?
Oxana : C’est pas mon père !
Joséphine : Putain Oxana, tu fais chier ! Tu te poses et tu m’expliques ! Oxana tremblait de partout. Je l’ai emmenée dans le vaisselier.